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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 19:10

Luc Ferry a déclaré lors du grand journal de Canal Plus (selon le Figaro) : «Vous avez un épisode qui est raconté d'un ancien ministre qui s'est fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons. Probablement ici, nous savons tous de qui il s'agit», a-t-il indiqué. Le journal l'express fait état d'une " rumeur" qui concernerait Jack Lang.

Répétons ici que la rumeur peut être destructrice. Il est hors de question et inadmissible de donner du crédit à de fausses accusations qui pourraient détruire l'honneur d'une personne.

Il n'en reste pas moins que le réveil du peuple qui semble ne plus tolérer certains comportements de la part d'hommes politiques me semble salutaire et bienvenu.

Concernant Jack Lang il avait signé, avec d'autres, un communiqué pour défendre trois personnes qui comparaissaient en cour d'assise pour attentat à la pudeur sans violence sur des mineurs de quinze ans. Entre autres signataires le docteur Bernard Kouchner , André Glucksmann, JP Sartre, Simone de Beauvoir...*.

Le communiqué  paru dans le Monde du 26 janvier 1977 :

" A propos d'un procès.

Nous avons reçu le communiqué suivant : Les 27, 28 et 29 janvier, devant la cour d'assises des Yvelines, vont comparaître pour attentat à la pudeur sans violence sur des mineurs de 15 ans, Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckardt, qui, arrêtés à l'automne 1973, sont déjà restés plus de trois ans en détention provisoire. Seul Bernard Dejager a récemment bénéficié du principe de la liberté des inculpés.

Une si longue détention provisoire pour instruire une simple affaire de moeurs, où les enfants n'ont pas été victimes de la moindre violence, mais, au contraire, ont précisé aux juges d'instruction qu'ils étaient consentants (quoique la justice leur dénie actuellement tout droit au consentement), une si longue détention préventive nous paraît déjà scandaleuse.

Aujourd'hui, ils risquent d'être condamnés à une grave peine de réclusion criminelle soit pour avoir eu des relations sexuelles avec des mineurs, garçons et filles, soit pour avoir favorisé leurs jeux sexuels.

Nous considérons qu'il y a une disproportion manifeste d'une part, entre la qualification de crime qui justifie une telle sévérité et le nature des faits reprochés; d'autre part, entre le caractère désuet de la loi et la réalité quotidienne d'une société qui tend à reconnaître chez les enfants et les adolescents l'existence d'une vie sexuelle (si une fille de 13 ans a droit à la pilule, c'est pour quoi faire?).

La loi française se contredit lorsqu'elle reconnaît une capacité de discernement à un mineur de 13 ou 14 ans qu'elle peut juger et condamner, alors qu'elle lui refuse cette capacité quand il s'agit de sa vie affective et sexuelle.

Trois ans de prison pour des caresses et des baisers, cela suffit. Nous ne comprendrions pas que le 29 janvier D, G et B ne retrouvent pas la liberté" *

Aujourd'hui de tels propos choqueraient et ne seraient plus acceptés, comme ont choqué les propos de Jack Lang concernant l'affaire DSK : "Il n'y a pas mort d'homme".

Jack Lang ne semble pas avoir changé d'avis sur ce genre de question comme le confirmeraient des déclarations ultérieures. S'il ne veut pas donner de crédit à la rumeur il serait opportun qu'il adopte une position claire et sans ambiguïté et qu'il s'explique sur ses prises de position antérieures.



 

* Cité dans mon livre "La famille est l'avenir de l'école" Editions FX de Guibert p. 255 et 256 paru en 2000.

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commentaires

timshel 13/06/2011 14:51



Merci pour avoir exhumer cette déclaration riche d'enseignements près de 40 ans après les faits.


Sur le fond, cette comparaison entre l'âge de responsabilité pénale (12 ans ?) d'une part et celui auquel le consentement "sexuel" est reconnu (18 ans ?) d'autre part, m'interpelle.


A ce jour, un jeune homme de 19 ans ayant une relation avec une vieille adolescente de 17 tombe toujours sous le coup de la loi, n'est-ce pas ?


On voit bien que ce qui choque n'est pas tant la jeunesse des enfants, que la différence d'âge qui existe avec ceux avec lesquels ils ont des relations.


C'est à cette différence d'âge que se mesure leur consentement éventuel. Pour ma part, je pense qu'au delà du double de l'âge de l'enfant, il ne saurait y avoir consentement libre.


Mais en deça, qu'en pense Nabokov ?



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