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2 octobre 2005 7 02 /10 /octobre /2005 00:00

Je viens de découvrir Richard Millet à travers les réponses qu'il donne à Delphine Descaves et Thierry Cecille dans  "Harcèlement littéraire".

Il explique dans une interview (Nouvel Obs.) que : "La réduction, la simplification conduisent à une pauvreté linguistique, très dangereuse sur le plan politique. Les régimes totalitaires se sont particulièrement occupés de la langue. Toute langue propose une vision du monde. Plus elle se simplifie, plus la vision est pauvre: les moutons ne parlent pas...".

A la question : "Le français classique, c'est fini? " Il répond :
"Oui, tué par l'école, la radio, la télévision, le capi-talisme. L'enseignement, par exemple. La littérature n'a plus valeur de référence. Les enfants, du reste, ne lisent plus, ou très peu. On me dit qu'ils lisent «Harry Potter». Peut-être, mais que lisent-ils d'autre? «Harry Potter» est un produit dérivé, pas un livre. "

Lorsqu'il souligne que la littérature n'a plus valeur de référence il voit très juste. C'est effectivement ce qui se passe en majorité dans les classes. Tous les auteurs sont mis sur le même plan.

Dans un interview à l'Express il précise :

"La langue bascule dans l'inconnu, l'enseignement ne remplit plus son rôle. On est dans l'ère de la non-transmission, dans l'ère du faux. A quelques exceptions près, ce qui se publie aujourd'hui n'est que de la fausse monnaie. Or jamais on ne l'a autant prise pour de la vraie. L'inflation de livres est une dérive démocratique où s'installe dans l'esprit des gens l'idée que chacun peut écrire et même doit écrire."

Et glané ailleurs sur  Houellebecq il lâche ces mots :

 

"Chez Michel Houellebecq, malgré les solécismes, le relâchement de la langue, dont on peut d'ailleurs se demander s'ils ne sont pas recherchés, quelque chose se joue là, de façon symbolique, plus que dans l'intrigue : une misère de langue révélatrice de la misère sexuelle contemporaine qui est, n'est-ce pas, une chose considérable, reflet de l'échec moral d'une civilisation."

 

Je vais lire cet ouvrage d'un homme qui va à contre-courant et qui a raison car comme le dit un proverbe africain : "Quand tous les gens vont dans le sens du courant, ça fait rire les crocodiles: ils n'ont qu'à ouvrir la gueule!".

Mais ne restons pas sur une note négative car nous pouvons faire découvrir à nos enfants la littérature française, celle qui a traversé les siècles ou qui les traversera. Celle que définit l'auteur par ces mots:

"Un écrivain, un vrai, met sa vie en jeu au sens où il n'existerait plus s'il n'écrivait pas. Sa quête est presque spirituelle. On est loin des questions de charme! Sagan, Gavalda et leurs avatars nothombesques sont de la sous-littérature. Ça n'existe pas comparé aux authentiques écrivains. Il n'y a pas deux types de littératures. Il y a la littérature - qui se réduit à quelques noms par siècle - et puis le reste. Le roman est devenu un instrument de promotion sociale comme le rap dans les banlieues! "

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Published by Kueny - dans Langage
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