Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rechercher

9 novembre 2006 4 09 /11 /novembre /2006 17:24
Le 9 novembre 2006, Jean-Paul Brighelli était l'invité des animateurs de l'émission "les grandes gueules" sur RMC.
Lors de l'interview il a ressorti quelques idées fausses, qui font partie de la pensée unique de notre époque.
Le Moyen - Age serait une période noire et  les " lumières" des icônes parfaites et lumineuses, défenseurs de la tolérance et de l'égalité.
La recherche historique montre que le Moyen-Age, période sombre et barbare, est une légende. Elle est dénoncée notamment par le grand médiéviste Jacques Heers (L'histoire assassinée aux Editions de Paris 2006). Un ouvrage récent montrte au contraire, que la civilisation de cette époque était étincelante( du 12ème au 15ème siècle). Il s'agit du "Moyen-Age flamboyant, Poésie et peinture" aux Editions Diane de Selliers.
Concernant les Lumières, il suffit de lire le dernier ouvrage de Xavier Martin, "Voltaire méconnu. Aspects cachés de l'humanisme des Lumières (1750-1800) aux Editions DMM, pour découvrir un portrait plus noir de Voltaire que celui qui nous est offert par la pensée unique. Le véritable Voltaire se révèle plutôt méprisant à l'égard du genre humain.

Dommage que Jean-Paul Brighelli contribue à véhiculer ces idées fausses. Par ignorance, par idéologie, comme victime de la pensée unique ou pour plaire aux médias..?? Cela n'empéche évidemment pas de reconnaître qu'il dénonce des dérives réelles au sein du sytème scolaire.
Je vous encourage à lire le premier commentaire posté par Fred. (Recommandation ajoutée le 15 novembre 2006).

Partager cet article

Repost 0
Published by Kueny - dans Ecole
commenter cet article

commentaires

grégoire kueny 15/11/2006 11:57

Merci pour ces précisoions et ce texte de Laurent Lafforgue.

Fred 14/11/2006 15:54

Son livre est à éviter. JPB a eu l'idée saugrenue de l'offrir à Laurent Lafforgue qui avait fait la préface de son précédent livre.
Laurent Lafforgue a publié cet excellent texte à ce sujet :
Quelques remarques sur la critique des religions :
 

Ma responsabilité personnelle étant engagée, puisque M. Brighelli avait eu l'idée saugrenue de me demander de rédiger une préface pour son livre « A bonne école... » et que j'avais eu la naïveté d'accepter, il m'était impossible de ne pas réagir au contenu de son dernier livre « Une école sous influence, ou Tartuffe roi».
M. Brighelli n'a manifestement pas soupçonné un instant que quiconque pourrait se formaliser de ce qu'il insulte à longueur de pages et condamne les chrétiens, la foi religieuse en général, la foi chrétienne en particulier, l'Église catholique et jusqu'à la personne du Christ. Autrement dit, dans son esprit, l'antichristianisme, même le plus outrancier, est normal. Il fait partie des moeurs, et les chrétiens auraient mauvaise grâce d'y trouver à redire.
Il faut se demander si des condamnations globalisantes proférées contre les chrétiens ou contre n'importe quelle communauté sont chose anodine.
On reproche souvent aux gens d'Église et aux chrétiens d'avoir contribué, par « l'enseignement du mépris » qu'ils ont colporté pendant des siècles à propos du judaïsme, à rendre possibles tous les pogroms, depuis ceux de la première Croisade jusqu'à ceux de la fin du XIXe siècle en Europe de l'Est, et même la Shoah. Je pense pour ma part qu'on a malheureusement raison. Les personnes qui colportaient cet « enseignement » – et dont beaucoup étaient des chrétiens sincères – n'étaient pas animées d'intentions meurtrières – ou alors elles étaient de fait contre le christianisme – mais les mots dangereux, une fois prononcés, ont volé de leurs propres ailes, et ont manifesté dans l'Histoire leur potentialité diabolique, meurtrière et exterminatrice.
Je suis persuadé qu'il en va de même pour le discours très violent contre les chrétiens et contre l'Église qui s'est déployé en France et ailleurs à partir du XVIIIe siècle et qui continue de fleurir, comme l'illustrent le dernier livre de M. Brighelli ou le « traité d'athéologie » de M. Onfray.
Pourtant, on ne peut plus ignorer la puissance meurtrière de ce type de discours, dévoilée dès la fin du XVIIIe siècle dans les guerres de Vendée.
Sur ce sujet, je voudrais citer un passage d'un livre sur l'école publié récemment, « L'école ou le chaos » (éditions Golias, 2006), que son auteur, Jean Pierre Charles, m'a envoyé. Celui ci raconte au détour d'un paragraphe (pages 461-463) que, dans les années 80, il se trouva enseigner dans un collège de la banlieue d'Angers. Intrigué par le nom de l'arrêt de bus devant le collège – « Champ des martyrs » –, il voulut en savoir davantage. Il apprit que cette appellation se rapportait à un épisode consécutif à la bataille du Mans de décembre 1793. Cette victoire des « Bleus » sur les Vendéens fait partie de la longue marche ponctuée de batailles et achevée en massacre qu'on appelle la « virée de Galerne ».
Je cite son texte (en corrigeant un peu le style : ce livre est intéressant mais présente de nombreux défauts d'écriture, faute sans doute de relecture suffisante) :
« Ce professeur fit travailler des groupes d'élèves sur les traces de ce « Champ des Martyrs », une grande prairie où eurent lieu quatre séries de fusillades en masse, abattant plus de 1200 personnes. Allant plus avant, à travers les archives départementales et les musées, les ouvrages des deux bords sur la question, les cimetières et autres sites visités, il fit la découverte d'une violence où se retrouvent tous les ingrédients de la guerre totale cherchant l'extermination, et de la chape de plomb de l'ensevelissement second : l'oubli volontaire. La République avait les moyens et la détermination pour se lancer dans une vaste entreprise de destruction. Les ténors de la Convention, dont Barère et Turreau de Linières, sont explicites : « La Vendée doit n'être qu'un grand cimetière national... repeuplez la de bons sans culottes ! »
Sur place, les exécuteurs de cette politique de terre brûlée, à qui il était recommandé « d'empoisonner le pain et les puits », dépassèrent les prévisions, tant par l'énormité de l'hécatombe – 500 000 morts et disparus environ – que par la méthode.
Ce sont ces tanneries qui utilisent de la peau humaine... Le Vendéen est si peu humain qu'en 1983 encore, au Muséum d'Histoire naturelle de Nantes, était dissimulée derrière une porte une peau de Vendéen trouée d'une balle.
Ce sont ces fours des Épesses et de Montournais où on précipita des prisonniers, ces brasiers de Clisson au dessus desquels on fit fondre de la graisse humaine pour en convoyer des barils jusqu'à Nantes.
Lors de cette bataille du Mans justement, les républicains vainqueurs alignèrent les Vendéennes prisonnières mises à nu contre un mur. Là, il leur fut introduit dans le vagin, pour mise à feu consécutive, des cartouches de poudre. Un tel acte, perpétré dès avant Le Mans, était affublé de l'appellation « mettre les brigandes en batterie »... »
Faute d'avoir suffisamment tiré les leçons des massacres de Vendée, beaucoup ont continué pendant tout le XIXe siècle à tenir contre les chrétiens et les Églises des discours aussi violents qu'auparavant. Je considère que ces discours, qu'ils aient été prononcés avec intention ou non, ont préparé et rendu possibles les grands massacres de chrétiens que le XXe siècle a connus, en Russie, en Chine et dans beaucoup d'autres pays. Cette fois, les victimes se sont comptées par millions ou par dizaines de millions.
Il semble qu'aujourd'hui certaines personnes, en particulier en France, n'aient toujours pas compris que les mots peuvent tuer. A moins qu'elles ne l'aient au contraire parfaitement compris...
Pour ma part, la situation actuelle de la société française m'inspire de grandes inquiétudes, en particulier parce que la destruction de l'école, combinée avec d'autres facteurs comme la destruction des familles et l'empire de la télévision et des écrans, transforme en barbares une partie importante de la jeunesse. Comme plus d'une personne que je connais, je n'envisage pas sans angoisse l'avenir de notre pays et n'exclus pas qu'il traverse des troubles très graves et connaisse une dérive antidémocratique.
En cas de convulsions violentes, l'état d'esprit général, tel que certaines publications le laissent entrevoir et le consolident, peut faire craindre que les chrétiens – ainsi que, une fois de plus, les juifs – ne se trouvent au premier rang des groupes menacés.
Pourtant, on doit pouvoir critiquer les religions. Ne serait ce que pour la raison qu'il en existe un bon nombre, auquel s'ajoutent d'autres traditions existentielles et morales comme l'agnosticisme et l'athéisme, et qu'elles sont en contradiction les unes avec les autres, au moins en partie. Elles ne peuvent être simultanément vraies dans la totalité de ce qu'elles affirment, alors que chacune n'a de sens que dans la mesure où elle se rapporte à une Vérité dont aucun d'entre nous ne décide, et où elle propose un chemin vers cette Vérité.
Une première précaution consiste, quand on critique une religion, à s'efforcer de ne pas blesser les croyants de cette religion en tant que personnes. Celui qui, véritablement épris de liberté de pensée et d'examen, s'autorise une telle critique au nom de son droit de chercher la vérité – droit qui est aussi un devoir –, désire respecter la liberté de pensée du croyant, car cette liberté se confond avec la sienne. Le regard critique porté sur le contenu de la foi des croyants, sur leurs textes sacrés, sur leur tradition et sur leurs manières d'agir fait d'ailleurs partie de ce respect, s'il se garde de toute haine et de tout mépris et s'il est suffisamment rigoureux ; c'est une façon de ne pas traiter à la légère ce qui a tellement d'importance pour les croyants, et de manifester l'unité de la condition humaine.
Toutefois, il n'est pas facile de séparer une religion et ses croyants. Critiquer une tradition existentielle remet en cause les personnes non seulement dans leurs opinions et leurs habitudes mais dans leur être.
Une seule voie existe, et elle est étroite : c'est de s'autoriser une critique, mais qui ne sorte jamais du cadre de la raison.
Plus que dans aucun autre domaine, un discours critique sur une religion a besoin de la plus grande rigueur possible. Il doit être logique et cohérent, ne pas recéler de contradictions, ne recourir à aucune affirmation non fondée et péremptoire, non plus qu'à aucune imprécation et à aucun cliché. S'agissant d'un sujet aussi vaste et profond qu'une religion qui a travaillé l'esprit et le coeur de millions d'hommes depuis des siècles et des siècles –, ce discours doit s'appuyer sur des argumentations développées et raisonnées, sur un langage rigoureux, sur des faits objectifs et des citations précises.
Chaque phrase doit être longtemps soupesée et pensée philosophiquement, avec le souci de rechercher la vérité et de lui obéir. Toutes les critiques doivent être circonstanciées et soigneusement délimitées. Les généralisations abusives et les condamnations globales prononcées sur la base de vérités parcellaires ou tronquées doivent être bannies.
Quant une critique vérifie ces conditions – autrement dit, quand elle est rationnelle et non pas passionnelle –, elle est responsable, elle sert la vérité, elle est bienfaisante pour les croyants et pour tous.
 

Articles Récents