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4 mars 2006 6 04 /03 /mars /2006 10:39

Les actes de violence gratuite qui se sont produits récemment font couler beaucoup d’encre. Certains s’émeuvent, d’autres s’étonnent, nombreux sont ceux qui cherchent à comprendre sans trouver de réponse. Certaines solutions qui paraissent consensuelles n’amélioreront pas la situation, au contraire. Michel Schifres, par exemple, propose ce type de solution consensuelle et illusoire. Il affirme que « …Nous ne parviendrons à éradiquer ce mal et à vaincre cette tendance suicidaire pour la nation que par le refus de toute faiblesse envers les criminels, bien sûr, mais aussi par l'affirmation du pacte républicain où le pays tout entier affirme ses valeurs et sa croyance en un destin commun.. » (Figaro) « Le pacte républicain » ne correspond plus à rien. Pour plusieurs raisons ; Dans une société où tout se vaut et où tout est relatif, il est difficile de définir et de partager des valeurs communes. Dans une société individualiste, il paraît impossible de forger un destin commun. Nos élites, qui en appellent au pacte républicain, sont discréditées et coupées de la base. Le peuple ne leur accorde plus sa confiance. La République , tant invoquée, a accouchée d’individus qui n’ont plus que des droits et pas de devoirs et qui ignorent le bien commun. L’homme républicain est un être matériel, un consommateur, un objet auquel on ferme tout horizon spirituel. Non, la véritable raison de l’émergence de ce type humain inaccessible à la « mauvaise conscience » (terme employé par certains psychanalistes), de ces jeunes qui « ont pour devise «Get rich or die trying», (réussir ou mourir) »(Alain Finkielkraut in Le Figaro), de « … la pérennité et la vivacité d'une certaine contre-culture de la haine… » (Lucienne Bui Trong in le Figaro), réside ailleurs. La véritable raison de ces actes de barbarie gratuits comme d’ailleurs des récentes émeutes se dévoile dans la philosophie qui imprègne nos sociétés occidentales. Ces sociétés se caractérisent par le matérialisme et le nihilisme. L’expression « culture de mort » caractérise bien l’esprit qui imprègne nos sociétés. Analysons plus précisément les causes de cette violence gratuite.

Le matérialisme : le message continuel transmis par la société consiste à dire que les biens matériels font le bonheur de l’homme. On comprend mieux pourquoi certains jeunes veulent à tout prix posséder les biens et l’aisance matérielle. Mais cela ne suffit pas pour expliquer ces actes gratuits.

Le relativisme : l’air du temps n’accepte plus l’existence de la vérité ou de dogmes. Aujourd’hui, tout se vaut (donc plus rien n’est vrai), chacun définit ce qui est bien ou mal, le bien et le mal sont devenus des notions à géométrie variable  (ce qui est mal aujourd’hui peut être bien demain et inversement).

Enfin, notre civilisation occidentale est coupée de ses racines religieuses et culturelles. L’homme moderne matériel est encouragé à ne plus croire à ce qu’il ne voit pas.

Dans ces conditions on comprend mieux le comportement de ceux qui tuent, torturent ou humilient gratuitement ou pour un bien matériel sans importance. Ils baignent dans une culture qui magnifie la mort et la haine (sous culture « underground » de nombreux groupes musicaux modernes). Leur vie n’a aucun sens et ne permet aucune espérance puisque tout s’arrête à la mort. Le but (air du temps) de la vie est d’en profiter au maximum. Donc, si leur vie n’a aucun sens, qu’il n’y a aucune espérance (après la mort tout est fini), que l’homme n’est qu’un objet, que les valeurs modernes sont « la mort et l’horreur » (magnifiées par la culture de mort), tout est permis. Il faut en profiter un maximum. Peut importe de mourir maintenant ou plus tard. La vie d’autrui n’a aucun sens et aucune valeur. La valeur primordiale c’est : jouir tout de suite quoiqu’il en coûte, au mépris de tous les autres. Si je ne peux parvenir à jouir de la vie par des moyens naturels (richesse, naissance, intelligence..) j’utiliserais la violence pour y arriver.  Lorsque la vie n’a aucun sens tout est permis. La seule chose qui puisse arrêter cette spirale infernale (qui ne fait que débuter) serait la redécouverte des racines spirituelles et culturelles de nos civilisations occidentales. Lorsque je sais que je ne suis pas le maître de la vie, que je suis promis à l’éternité, que je serais jugé sur l’amour, que le but de la vie n’est pas matériel, que la vérité est incarnée dans une personne qui m’aime et que le bonheur de l’homme c’est d’aimer alors je peux faire de ma vie une œuvre de paix et d’amour vécue toute orientée vers le Bien suprême.

NB : certaines de nos élites ne peuvent tenir ce raisonnement puisqu'ils contribuent ou sont complices de cette "culture de mort", ce "nihilisme" et ce "matérialisme" qui caractérisent nos sociétés modernes.

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