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16 janvier 2006 1 16 /01 /janvier /2006 18:45
Des chercheurs et des enseignants lancent un appel à la " résistance". Ils contestent les mesures prises par Gilles de Robien et le gouvernement actuel. Ils considèrent comme "une énorme hypocrisie" le fait de "présenter l'apprentissage précoce comme solution pour les jeunes des quartiers les plus paupérisés et les plus stigmatisés...". Cette idée de considérer ces jeunes comme victimes de "stigmatisations" est fausse. Cela consiste à dire qu'ils ne sont pas responsables de leurs actes et que leurs actions violentes sont légitimes, ou que c'est la société qui est responsable de leur comportement. Quand un jeune se comporte violemment, il  a toujours une part de responsabilité individuelle.
L'apprentissage dès 14 ans permet à des jeunes de se construire et de se confronter à la vie réelle, qui est difficile et exigeante. Elle permettra de former un bon nombre d'élèves qui s'ennuient à l'école, empêchent les autres de travailler, et se comportent mal, souvent en toute impunité. L'apprentissage n'est évidemment pas une solution pour la minorité de jeunes qui ne veut rien faire et qui souvent n'a pas bénéficié d'une éducation parentale structurante.
Ils affirment
" que cette mesure est aux antipodes d’une véritable formation, générale et professionnelle, et qu’elle témoigne d’un mépris détestable pour les métiers dits « manuels » qu’elle réduit à de simples tâches d’exécution, ne nécessitant qu’une formation scolaire au rabais. " Les auteurs de la pétition  connaissent mal le monde de l'entreprise ou les bienfaits d'un apprentissage à l'image de ce que réalisent "les compagnons". Le problème actuel concerne plus l'éducation transmise par les parents , souvent contrecarrée par le relativisme actuel et l'idéologie de divers médias pour jeunes, que l'apprentissage lui-même. L'apprentissage, conçu comme une école pour apprendre les connaissances et les savoirs-faire nécessaire à exercer un métier dans les règles de l'art, ouvre de réelles perspectives pour de nombreux jeunes. Il faut qu'ils puissent commencer cette formation le plus tôt possible, avant qu'ils ne soient imprégnés par l'idéologie du moindre effort et celle de la société des loisirs.
Les auteurs de la pétition affirment que " c'est enfin l'accent mis sur l'individualisation des mesures et sur la volonté, affirmée aussi bien par Gilles de Robien que par nicolas Sarkozy, de ne plus donner la priorité aux "zones" mais aux élèves". On retrouve là l'idéologie marxiste, collectiviste ou de gauche qui privilégie le groupe sur l'individu. Ils sont favorable à " l'égalitarisme", qui nie les différences. Une phrase de Philippe Meirieu, signataire, est significative : " Quelle fraternité? Les élèves qui échouent et ceux qui s'en sortent ont-ils encore quelque chose en commun? Peut-on se sentir le frère, le concitoyen de celui qui ne réussit qu'à votre détriment? "* Faut-il répéter que chaque élève est différent, qu'il a des capacités personnelles différentes des autres, des dons personnels, des aptitudes personnelles, des goûts personnels, etc... Pourquoi le fait de réussir dans un domaine ferait de nous des personnes supérieures aux autres? C'est uniquement en développant ses richesses propres, que chaque personne peut se réaliser.
Ils condamnent "...l'imposition aux professeurs d'école de la méthode syllabique (de lecture) au détriment d'un apprentissage progressif et critique de la lecture tout au long de la scolarité...". La méthode synthétique, qui part de la lettre, pour constituer des syllabes puis des mots en apprenant la correspondance entre les sons et les lettres, syllabes et mots est la plus efficace et la seule adaptée au cerveau humain. Que veut dire en période d'apprentissage "un apprentissage critique"? Comment critiquer ce que l'on ne possède pas? On voit bien qu'ils mènent un combat idéologique, lié sûrement au fait de ne pas vouloir perdre le statut ou la "place au soleil", qu'ils ont obtenu.
C'est au tour de ceux qui ont résisté aux dérives pédagogistes et idéologiques de ceux qui font la pluie et le beau temps au sein de l'éducation nationale, de prendre en main l'avenir de nos enfants. Nous qui avons sacrifié carrière et confort, persuadé que l'intérêt des élèves était supérieur aux honneurs et aux avantages éphémères, nous qui n'avons pas hésité à dénoncer les dérives, nous continuerons à nous battre pour permettre aux élèves de structurer leur intelligence.

*in "L'école ou la guerre civile" Plon 1997



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Published by Kueny - dans Ecole
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