Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rechercher

16 décembre 2005 5 16 /12 /décembre /2005 13:47

Cette citation de Maurice G. Dantec à méditer en ces temps moroses et de crise :

"...Marxisme et libéralisme ne sont que les deux faces symptomatiques de la même maladie congénitale de la modernité : l'Homme à la place de Dieu, le Marché à la place de la Providence. » ..." (Source : http://nicomaque.blogspot.com/)

Partager cet article

Repost 0

commentaires

bob 18/12/2005 11:39

Moi je dirais que le libéralisme et la religion ont pleins de points communs. Il s'agit en fait du même système de pensée sauf que dans le premier c'est tout pour la marché, alors que le deuxième c'est tout pour dieu.

plermite 17/12/2005 23:55

Grégoire et Nicomaque, vous n’avez qu’une idée superficielle de la théorie libérale.
Les débats portant sur les racines « philosophiques » du libéralisme sont secondaires. Mais quelques précisions.

1) Oui les libéraux en grande majorité sont pour la séparation de l’église et de l’état.

2) Libéralisme et religion sont deux ensembles distincts, malgré des points d’intersection possibles.
Ils ne répondent pas aux mêmes préoccupations.
On peut être libéral et croyant, Adam Smith et Frédéric Bastiat sont des exemples illustres.
Se référer à ce passage de Mises, un des plus grands économistes libéraux du XX ième siècle :

“Liberalism is based upon a purely rational and scientific theory of social cooperation. The policies it recommends are the application of a system of knowledge which does not refer in any way to sentiments, intuitive creeds for which no logically sufficient proof can be provided, mystical experiences, and the personal awareness of superhuman phenomena. In this sense the often misunderstood and erroneously interpreted epithets atheistic and agnostic can be attributed to it. It would, however, be a serious mistake to conclude that the sciences of human action and the policy derived from their teachings, liberalism, are antitheistic and hostile to religion. They are radically opposed to all systems of theocracy. But they are entirely neutral with regard to religious beliefs which do not pretend to interfere with the conduct of social, political, and economic affairs…
It is a distortion of fact to say, as many champions of religious theocracy do, that liberalism fights religion. Where the principle of church interference with secular issues is in force, the various churches, denominations and sects are fighting one another. By separating church and state, liberalism establishes peace between the various religious factions and gives to each of them the opportunity to preach its gospel unmolested.”
(http://www.mises.org/humanaction/chap8sec2.asp?printFriendly=Yes, cf “Praxeology and Liberalism” et “Liberalism and Religion”)

3) Dire que le libéralisme n’obéit à aucune morale traduit une profonde méconnaissance de cette théorie.
Je vous conseille fortement de vous plonger dans la lecture de « Libéralisme » de Pascal Salin, éditions Odile Jacob. Voici un extrait éclairant.

« On reproche au libéralisme d’être matérialiste, de prôner la poursuite exclusive de la richesse aux dépens de toute autre valeur, alors qu’il n’a d’autre aspiration que de permettre l’épanouissement des êtres humains et la réalisation de leurs objectifs, spirituels, affectifs ou esthétiques autant que matériels. On lui reproche d’être sauvage alors que, fondé sur le respect intégral des autres, il exprime l’essence même de la civilisation…
Ce n’est en rien une doctrine consistant à rechercher le bien-être aux dépens des valeurs humaines, ce n’est pas une apologie d’un monde sans foi ni loi où les riches écraseraient les pauvres. C’est tout le contraire. Le véritable libéralisme se refuse à distinguer dans l’activité humaine une partie économique et une partie qui ne le serait pas. Il respecte la personnalité unique de chacun, sa dignité, sa liberté dans le choix de ses objectifs et il récuse par conséquent toute vision globale, mécaniciste, quantitativiste de la vie des hommes en société. C’est pourquoi le libéralisme est un humanisme et l’humanisme ne peut être que libéral. »

Il existe de nombreux courants du libéralisme, utilisant plus moins l’outil mathématique, et ils ne s’accordent pas sur de nombreux sujets. Mais ils défendent tous les droits de propriété individuels et le libre échange. Ceux-ci ne peuvent être définis que sur le plan moral.

Pour plus d’information sur libéralisme/religion, voici quelques références de l’institut Mises :

Is Libertarianism Amoral?
http://www.mises.org/story/1784

The intellectual origins of modern catholic social teaching on economics
http://www.mises.org/journals/scholar/Lucky6.pdf

Must Catholics Adore the State?
http://www.mises.org/story/1916

Si cela ne vous suffit pas, des livres sur le sujet.
« La morale face à l'économie » de Bertrand Lemennicier.
“Catholic Ethic And The Spirit Of Capitalism” de Michael Novak.
“The Church and the Market : A Catholic Defense of the Free Economy” de Thomas E. Woods Jr.

Nicomaque 17/12/2005 13:21

Bonjour, je réagis en passant à votre message concernant Dantec. Vous avez raison sur beaucoup de points, il ne s'agit pas de canoniser Dantec, loin de là ! Mais il faut comprendre la signification philosophique du mot libéralisme. Il ne s'agit pas de la liberté d'entreprendre, ni de la protection des libertés individuelles mais de la liberté érigée en valeur absolue, une liberté sans limite morale, affranchie de toute tradition culturelle, nationale, religieuse... Ce libéralisme est destructeur, il ne faut pas être très malin pour en voir les effets tous les jours.

Grégoire Kueny 17/12/2005 12:32

Je m'oppose au libéralisme qui fait de la liberté sans entraves le fondement et la condition de toute action et processus historique, mais aussi la norme unique à suivre et la valeur absolue à réaliser. Il détruit donc tout système de valeurs et plus particulièrement celui fondé sur Dieu, qui est la base de toute échelle de valeurs. Le défi que doivent relever les chrétiens, consiste à montrer que Dieu, qui ne veut pas concurrencer l'homme, est source de sa liberté et son meilleur garant.

plermite 16/12/2005 20:43

A force de vouloir trouver des formules percutantes, Dantec s’est planté.
Comme la plupart des écrivains catholiques, il connaît très mal le libéralisme, souvent confondu avec le mercantilisme.
Si le libéralisme est l’une des « faces symptomatiques de la maladie congénitale de la modernité », pourquoi s’engage-t-il au côté des USA, l’un des plus illustres représentants ?
Dantec me réjouit dans son entreprise de démolition des idées gauchistes.
Mais son obsession du déclin du monde occidental, déjà fantasmé par son maître Léon Bloy, et du danger de l’islamisme obstrue son raisonnement. Son analyse des émeutes des banlieues, strictement d’origine religieuse, est fausse.
Que propose Dantec face à «la mort lente de la civilisation occidentale » ? Il est très bon dans son rôle d ‘imprécateur mais ne trace aucune route pour l’avenir.
Jean-François Revel, libéral convaincu, est meilleur dans ce registre.

Articles Récents