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12 novembre 2005 6 12 /11 /novembre /2005 00:00

L'AFP publie cette dépêche. Une initiative de paix au milieu de la haine.

"Des musulmans convertis prient Jésus pour les banlieues

Rap banlieusard, rythmes berbères et yous-yous perçants: au pied d'une grande croix, une dizaine de chrétiens d'origine maghrébine, musulmans convertis, prient pour que la paix revienne dans les cités.
"La racaille, Dieu change son coeur. Jésus est la solution": Saïd Oujibou se campe sur la scène du Pavillon Baltard, micro au poing pour inciter les 2.500 autres chrétiens rassemblés en ce vendredi soir à "demander la baraka de Dieu".
Son copain Salim Bouali, crâne rasé et chemise brodée à l'orientale, prie longuement à haute voix et en arabe, les yeux mi-clos. Ancien légionnaire, il s'est converti voilà plus de dix ans, durant la première guerre du Golfe. "Mon arme, ce n'est plus un Famas mais la parole de Dieu", confie-t-il.
Saïd, d'origine marocaine, vit près de Versailles, en banlieue parisienne, avec sa femme Fatima, également convertie. Salim, d'origine algérienne, habite Fréjus, dans le sud-est. Tous deux sont des évangéliques convaincus et prêchent de concert à ce rassemblement, deuxième du genre organisé par l'association oecuménique "Paris Tout Est possible".
"Ce soir, nous sommes peut-être dans le seul endroit d'unité entre jeunes et moins jeunes en région parisienne", lance le pasteur Carlos Payan, animateur de l'association. "Nous vivons quelque chose de prophétique dont le pays a besoin. Il faut laisser une place dans l'Eglise à cette génération venue du Maghreb". Selon Salim, environ 3.000 musulmans sont convertis chez les protestants et quelque 6.000 chez les catholiques.
"Nous travaillons dans des quartiers difficiles, là où la police ne peut pas aller parfois", dit Saïd, "mais nous n'avons pas peur".
"L'amour de Dieu est déversé dans nos coeurs par le Saint Esprit, pas par +Envoyé Spécial+", poursuit-il. Et il fait rire tout le monde en interrompant chaque fois Salim, qui veut parler de "liberté, égalité" ... "couscous" le coupe-t-il.
Lorenzo entre en scène. L'index levé, aux lèvres l'accent de la banlieue, il rappe une prière pour ses "frères, ceux des quartiers aussi, Amen". Sous les volutes de fonte des anciennes Halles de Paris, la foule tend les mains vers lui et murmure une prière "en langues", mêlant des sons rapides et désordonnés.
Un orchestre berbère arrive. La salle, debout, se trémousse. Une jeune femme brune avec sa petite fille endormie sur la chaise d'à côté, un monsieur grisonnant en K-Way bleu, un géant roux au sourire extatique: tous lèvent les bras en se balançant. Des "alleluia" fusent.
Sur scène, les prêcheurs dansent aussi, avec un juif messianique (pour lequel Jésus-Christ est le Messie), kippa sur la tête, et un prêtre en aube blanche, le dominicain Benoît-Marie Berger, co-organisateur du rassemblement.
Plus tard, ceux qui souhaitent une "guérison" divine sont appelés à s'approcher de la scène. Un homme, dont le père a été tué durant la guerre d'Algérie, serre dans ses bras un jeune d'origine algérienne.
En sortant, tout le monde se dépêche pour attraper le RER. Dans la rame, on entonne un cantique. "C'est important en ce moment de se réconcilier", juge Margarita, jeune germano-équatorienne qui étudie la psychologie en France.
"L'amour est plus fort que tout", insiste Nathalie, 31 ans, une Parisienne d'origine ivoirienne actuellement au chômage, "catholique mais surtout chrétienne"... "

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