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Mardi 12 septembre 2006

Le oui du CNI à la suppression de la carte scolaire


Le CNI s’oppose à l’enfermement généré par la carte scolaire aujourd’hui et demande sa suppression.

Les stratégies de contournement de la carte scolaire se clarifient d’année en année : déménagement, adresse fictive, sans oublier le « pistonnage », notamment entre enseignants au profit de leurs enfants. Ces professeurs savent mieux que quiconque quels sont les meilleurs établissements…

 « Ce n'est qu'en rendant la liberté non seulement aux établissements (libre choix des professeurs) mais également aux parents (liberté dans le choix de l’établissement) que l'on pourra tenter de pallier à l’échec scolaire. Cette liberté de choix des parents devra être garantie par le « chèque éducation » explique Annick du Roscoät.

 « Les parents n'ont-ils pas droit de décider de l'avenir de leurs enfants ? N'ont-ils pas droit de choisir de mettre leurs enfants à l'abris de la violence de certains établissements, susceptibles d’handicaper le cursus scolaire, quand ils le peuvent ?  » conclut-elle.

 Il est important de laisser aux familles le libre choix des établissements en fonction du projet éducatif.

 

http://www.cnip.asso.fr/Private/Accueil.htm
par Kueny publié dans : Ecole
Mardi 5 septembre 2006
Quelle déception.

Ma fille entre au CP. Elle " bénéficiera" d'un méthode de lecture à départ global "Frisalpa la sorcière".
Pourtant le ministre nous a affirmé que ces méthodes ne seraient plus utilisées. Heureusement que j'ai appris à lire à ma fille avec une méthode alphabétique depuis quelques mois.

Je vous annonce un "scoop" : ce n'est pas le ministre qui dirige l'éducation nationale, mais les instituteurs, les syndicats et les inspecteurs de l'éducation nationale. Ce sont leurs directives qui sont appliquées sur le terrain.

Quel gâchis. L'école continuera encore à fabriquer de nombreux illettrés. Professeur, quel métier de rêve, je fais comme je l'entends, et tant pis pour mon patron s'il n'est pas d'accord. En réalité c'est plus complexe : j'épouse l'air du temps et je suis les orientations des inspecteurs, lesquels adhèrent aux thèses " des pédagos " et des "gourous " du système.

par Kueny publié dans : Ecole
Mardi 5 septembre 2006
Des hommes politiques envisagent de modifier la carte scolaire. Dans un interview François Fillon envisage même sa " suppression "  *
L'auteur de ce blog propose depuis longtemps cette mesure qui susciterait bien évidemment une émulation propre à améliorer le système. Gilles de Robien envisage de l'assouplir : " Elle a un petit côté privatif de liberté, qu'il faut, le cas échéant assouplir. Elle enferme des bons élèves en ne leur laissant pas le choix de toutes les filières." (Figaro 5/09/06).

Promettre est une chose , le réaliser est une autre. Il serait intéressant de savoir comment François Fillon  ou Nicolas Sarkozy compte s'y prendre pour l'abolir.


* Extrait interview  François Fillon ( Figaro Magazine 2/09/2006) :

"...Toutes les personnalités, dont vous-même, qui rejoignent Nicolas Sarkozy, ont servi dans tous les gouvernements Chirac. Comment parler de changement si les hommes sont les mêmes ?

La rupture jaillira du projet. Les arbitrages sont en cours, nous devons trier plus de 250 mesures ! Notre projet répondra aux attentes de la société française, qui sont diverses. Nous ne voulons pas être les interprètes d'une France contre une autre. Mais il y a déjà des choses connues : la suppression des droits de succession, la détaxation des heures supplémentaires, la suppression de la carte scolaire, le nouvel équilibre entre un président plus engagé et un Parlement renforcé. Ce seront les marqueurs de la campagne présidentielle sur lesquels il n'y aura pas de compromis possibles...."

Sondage (IFOP -Valeurs actuelles)

73 % des Français seraient favorables à la suppression de la carte scolaire; 26 % seulement à son maintien. 66% des sympathisants de gauche se prononceraient contre ce système qui empêche les parents de l’école publique d’inscrire leurs enfants dans l’établissement de leur choix.
par Kueny publié dans : Ecole
Lundi 4 septembre 2006
Des interventions récentes sur le blog, me poussent à donner les précisions suivantes.

1. 83% des couples avec enfants sont mariés.
( Même si en 2004, 47% des enfants naissent hors mariage, les couples non mariés avec enfants finissent pour la plupart par se marier, surtout lorsque le nombre d'enfants augmente)

2. Sur 100 femmes de plus de 15 ans, 50% sont mariées, 30% célibataires, 13% veuves et seulement 7% divorcées.

3. Le Pacs ne représente que 7% des mariages annuels.

4.Malgré la montée du divorce (35 à 40% des mariages), cela n'affecte que 1% du nombre total de mariés.

5. Les familles monoparentales représentent 17% des familles avec enfants et 15% des enfants.

Il est vrai qu'il est plus intéressant de parler des trains qui déraillent que de ceux qui arrivent à l'heure.
( Source Population et Aenir n° 660 2002, Chiffres INSEE du recensement de 1999).

Mercredi 30 août 2006

Angela Merkel après avoir rencontré le Pape Benoît XVI a déclaré à la presse, à propos de l'Europe:

"« Je suis d’avis que nous avons besoin d’une « identité européenne » sous la forme d’un « contrat » de constitution et, selon moi, ce contrat devrait être lié au christianisme et à Dieu, parce que le christianisme a formé l’Europe de façon décisive »." (source : agence Zenith)

Mardi 29 août 2006
Malgré la volonté du ministre de réhabiliter un apprentissage efficace de la lecture en CP, la réalité sera toute autre dans de nombreuses classes de CP. En effet, nombreux s'opposent à cette nouvelle orientation, au risque de sacrifier encore bon nombre d'élèves. Pour y voir clair , une mise au point du docteur Wettstein- Badour.

"....Les pressions qui vont s’exercer sur les enseignants vont probablement atteindre cette année un niveau encore inégalé. L’objectif est de les amener à convaincre les parents que les pédagogies actuellement utilisées sont très proches des pédagogies alphabétiques en tentant de les persuader qu’après une période, selon eux incontournable, d’apprentissage de mots présentés dans leur entier, ou même pendant cet apprentissage, on associe un travail portant sur la correspondance entre les lettres et les sons. Pour ne pas vous laisser abuser, il est donc indispensable que vous puissiez avoir les moyens de juger par vous-même de la méthode proposée à votre enfant sans vous laisser troubler par des présentations fallacieuses. Vous trouverez dans le tableau ci-dessous les principales caractéristiques de chaque groupe de méthodes. Il vous suffira de  comparer les supports employés à l’école avec les indications mentionnées ici pour identifier clairement la pédagogie utilisée pour apprendre à lire à  votre enfant. "

 

Méthodes globales et apparentées

(globales, semi-globales, mixtes, naturelles, intégratives)

Méthodes alphabétiques

(ou synthétiques ou phono-graphèmiques)

Apprentissage du code alphabétique par « deux approches complémentaires » : analyse de mots entiers en unités plus petites, synthèses de mots à partir de leurs constituants.

Apprentissage du code alphabétique à partir du lien qui unit chaque graphème (lettre ou groupe de lettres) au phonème (son) qu’il représente.

Présence de phrases dès les premières pages du livre de lecture.

Apprentissage débutant par les voyelles.

Étude de graphèmes dans des associations de lettres qui en modifient le sens phonologique (ex : a dans des mots contenant les graphèmes an, au, eau).

Apprentissage séparé de chaque graphème.

« Mots-outils » à mémoriser dans chaque leçon pour les « reconnaître » ensuite dans d’autres phrases.

Pas de mémorisation de mots. La progression choisie permet de lire très vite des mots et des phrases.

Introduction de mots contenant des graphèmes connus et inconnus.

Mots et phrases contenant uniquement des graphèmes connus ou en cours d’apprentissage.

Présence de mots se terminant par des lettres muettes.

Pas de mots se terminant par des lettres muettes avant de pouvoir en expliquer la raison d’être.

Découverte du sens par hypothèses formulées à partir du contexte.

Lecture par compréhension du mot. Aucune hypothèse de sens n’est tolérée.

Si vous constatez que la pédagogie utilisée par l’école de votre enfant se classe dans le groupe des « méthodes globales ou apparentées », que pouvez vous faire ?  Deux solutions s’offrent à vous. Vous pouvez dès le début de l’année scolaire opter pour une méthode alphabétique utilisée à la maison en sachant que l’expérience montre que ce travail, totalement différent de ce qui est pratiqué en classe, ne perturbera en rien votre enfant. Vous pouvez aussi décider d’attendre et d’observer la manière dont il réagira lors du déroulement de son CP. Sachez que les vacances de la Toussaint représentent, lors de cette année scolaire, un cap décisif. C’est pourquoi, il est indispensable que vous sachiez reconnaître les symptômes révélateurs de difficultés d’adaptation à la pédagogie proposée. Ceux qui le désirent peuvent, à ce propos, consulter  les chapitres 7 et 8 de mon dernier ouvrage (*3). Bien informés et vigilants, vous pourrez alors agir et éviter à votre enfant de s’enfoncer dans l’échec et d’entrer dans la spirale d’une médicalisation souvent injustifiée de ses difficultés. Vous lui donnerez ainsi les moyens d’apprendre à lire et à écrire et d’optimiser le développement de son potentiel intellectuel. N’est-ce pas ce que vous attendez de son CP ?
 

En vous apportant ces informations et ces conseils de vigilance, mon objectif est de vous aider à y parvenir. "

Pour mieux s'informer :

- interview du docteur Wettstein-Badour au Figaro :http://www.lefigaro.fr/france/20060829.FIG000000054_d_r_wettstein_badour_les_syndicats_font_de_la
_desinformation.html
 - Lire: « Bien parler, bien lire, bien écrire. Donner toutes leurs chances à vos enfants» publié aux éditions Eyrolles en novembre 2005. (disponible en librairie ou sur le site internet de votre choix en recherchant avec les mots clefs « bien parler bien lire bien écrire » ).
par Kueny publié dans : Ecole
Samedi 26 août 2006
La réalité finit toujours par s'imposer. Ce sera le cas pour le montant des retraites futures. La situation est préocupante, à tel point que je pense que les sommes touchées à la retraite dans quelques années seront insuffisantes pour vivre. Les raisons sont simples à comprendre. Le système actuel des retraites est basé sur un système de répartition. Ce sont les travailleurs d'aujourd'hui qui paient les retraites des retraités d'aujourd'hui. Les cotisations versées par les personnes qui travaillent sont transmises aux personnes retraitées. Ce système a bien fonctionné jusqu'à ces dernières années. Le sytème se grippe. Les cotisants vont se raréfier alors que le nombre de retraités va croître. Les raisons sont démographiques. L'espérance de vie augmente et la natalité est trop faible. Quelques chiffres pour comprendre :
Dans les années 1980, il y avait quatre personnes qui cotisaient pour un retraité. (En 1945, quinze personnes cotisaient pour un retraité). En 2020, nous serons quasiment à un cotisant pour un retraité. La charge à payer deviendra insupportable.
En l'an 2000, il y avait 40 personnes âgées de 60 ans et plus pour 100 personnes de 20 à 59 ans.
En 2050, il y aura 80 personnes de 60 ans et plus pour 100 personnes de 20 à 59 ans.

L'irresponsabilité des générations précédentes (fécondité faible, retraite à 60 ans,...) pèse sur les générations futures, sans parler du poids de la dette qu'elles n'ont pas su maîtriser. Chacun comprendra aisément que le montant actuel des retraites ainsi que l'âge de départ à la retraite ne pourront pas être maintenu dans l'avenir.

Il faut mentionner également les inégalités frappantes de nos systèmes de retraites.( On compte plus de 500 régimes de gestion du risque vieillesse!). Quelques exemples :
Pour 1 euro cotisé :
- une ouvrière de 60 ans ( qui a élevée ses deux enfants et interrompu sa carrière) touchera 1,04 euros
- un employé modeste de la Banque de France touchera (à 55 ans) 2,42 euros
- un cadre multicarrières (ingénieur agronome puis activité libérale de conseil) touchera à partir de 64 ans 0,87 euros
- un  cadre de la SNCF (32 années validées et retraite à 55 ans) touchera 3,16 euros
- une infirmière à la carrière incomplète touchera 1, 83 euros
- un sous officier (retraite après 15 ans de service dont 5 de campagne simple jouissant de sa pension immédiate) touchera 4,78 euros...
Et ne parlons pas des avantages des retraites des élus. Un député touchera 1500 euros de retraite pour un mandat, 3000 euros de retraite pour deux mandats et passé quatre mandats près de 6000 euros.Cette pension s'ajoute évidemmment aux autres retraites pour lesquelles il a cotisé.
Les fonctionnaires qui ne représentent que 20% de la population active, "assurent" plus de 60% du déficit du régime des retraites. Le régime des fonctionnaires n'étant pas un système de répartition ce sont les contribuables qui paient le déficit.
Chaque contribuable paie pour les déficits du régime des fonctionnaires, de la SNCF, de la RATP, d'EDF...
Quelques conclusions tirer de cet état de fait? Je crois qu'il ne faut pas compter sur les retraites futures. Tant que la situation ne sera pas catastrophique, nos élus ne prendront pas le risque de prendre les mesures nécessaires qui s'imposent.
Pour résoudre la situation il faudrait :
- mettre en place une véritable politique familiale afin de relancer la natalité
- tenir compte de l'espérance de vie pour le calcul des cotisations et des retraites
- reculer l'âge de départ à la retraite (le Danemark a fixé 67 ans)
- rétablir l'égalité en supprimant les priviléges accordés actuellement à certaines catégories de travailleurs (fonctionnaires, SNCF, RATP, EDF, élus...) ...

Personnellement je ne compte pas sur ma retraite future Je sais que la réalité s'imposera tôt ou tard. Plus nous attendrons pour prendre les mesures nécessaires et plus ce sera douloureux. Je sais que je travaillerai jusqu' à ce que je ne puisse plus le faire. Je travaille afin de créer actuellement des sources de revenu futures.

Article composé à l'aide d'un article du POINT : "Retraites l'enquête" (n°1771; 24 août 2006).
A consulter pour approfondir :
- http://www.sauvegarde-retraites.org/etudes-et-analyses.aspx
- lire : "Quand les autruches prendront leur retraite " alain Madelin et Jacques Bichot au Seuil
- la revue Population et Avenir (9, rue Faubourg -Poissonnière 75009 Paris)
- http://www.ifrap.org/
- http://www.conscience-politique.org/

Mercredi 7 juin 2006
Paul Claudel :
“ Dostoïevski est l’inventeur du caractère polymorphe : c’est à dire que Molière ou Racine ou les grands classiques ont des caractères d’un seul tenant, tandis que Dostoïevski a fait une découverte en psychologie qui est l’équivalent de celle de De Vries dans le monde de l’histoire naturelle : la mutation spontanée... Vous voyez une crapule, comme dans Crime et Châtiment... qui tout à coup devient une espèce d’ange... C’est cette imprévisibilité, cet inconnu de la nature humaine qui est le grand intérêt de Dostoïevski. L’homme est un inconnu pour lui même et il ne sait jamais ce qu’il est capable de produire sous une provocation neuve”.
Mercredi 7 juin 2006
"...Qu'est-ce que traduire?
La grande différence entre une traduction et l’écriture originale, c’est qu’on considère que le texte original existe en tant que tel, alors que la traduction dépend de l’époque et de la personnalité du traducteur. Quand on lit une traduction, on ne lit pas l’auteur étranger, on lit l’auteur étranger vu par le traducteur. Ce n’est ni bien ni mal, c’est comme ça. Il faut être conscient qu’une traduction est relative, parce que c’est juste une opinion.
Par exemple, le premier traducteur des Frères Karamazov en France a coupé l’épisode du Grand Inquisiteur. Pourquoi l’a-t-il fait ? Dans de bonnes intentions, afin de mieux présenter son auteur à un public qui à la même époque lisait Zola, ou Maupassant, un public qui avait du roman l’idée qu’il devait y avoir une intrigue. Mais pas dix. Par conséquent, il coupe. De même, en ce qui concerne l’architecture de la phrase, si un traducteur, au dix-neuvième siècle, avait respecté la syntaxe de Dostoïevski, cela aurait donné du charabia. Et Dostoïevski n’aurait jamais eu l’importance qu’il a eue en France.
Toutes les traductions sont des approximations. Plus le texte original est beau, plus la traduction ne peut être qu’approximative. On ne peut en aucun cas prétendre à la vérité absolue. Une traduction, c’est une interprétation. Comme pour un interprète d’une sonate de Beethoven. En plus, l’idée qu’on a d’un auteur peut changer, pas seulement à cause des traductions, mais à cause du mouvement des idées qui sont portées par ces traductions. Ainsi l’idée que Gide avait de Dostoïevski n’est pas celle que je peux avoir, moi, mais l’opinion de Gide a été décisive pour la fortune de Dostoïevski en France. Même si je considère que les traductions de Gide étaient fausses, ne respectaient pas le style, si je peux leur trouver tous les défauts du monde, cela n’a aucune importance parce que c’est grâce à des traductions comme cela que Dostoïevski est l’un des écrivains étrangers les plus connus en France..."
( Extrait d'un entretien par Nicole Zand avec André Markowicz, qui propose une nouvelle version de L’Idiot de Dostoïevski - Article paru dans Le Monde des Livres daté du vendredi 12 novembre 1993)
Mercredi 7 juin 2006
Jacques Catteau * écrit dans  Le magazine littéraire (juin 2006) :
"...Etiolé, nombrilisé, dogmatisé, notre roman moderne aurait définitivement rompu avec la vision essentielle de l'épique (Tolstoï) et du tragique (Dostoïevski) et évacué le sentiment religieux...."
"...Il n'en demeure pas moins que Steiner ...nous convie à relire les deux "plus grands" romanciers russes, à rejeter la tiédeur d'aujourd'hui et à nous élever dnas les hauteurs trop oubliées de l'épique et du tragique"....

* Jacques Catteau est professeur émérite de littérature russe à la Sorbonne et directeur de la Revue des études slaves.

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